Police nationale : David Lisnard alerte sur une carence croissante de l’État
Le président de Nouvelle Énergie et maire de Cannes dénonce une diminution continue des effectifs de police nationale sur le terrain, particulièrement la nuit. En s’appuyant sur plusieurs interventions récentes, il pointe les conséquences concrètes d’un désengagement de l’État dans l’une de ses missions les plus fondamentales : assurer la sécurité des Français.

Lors du dernier conseil municipal de Cannes, David Lisnard a lancé un nouvel appel d’alerte sur la situation de la police nationale dans la ville. Tout en saluant l’engagement et le professionnalisme des fonctionnaires, il dénonce une dégradation continue des moyens opérationnels mis à leur disposition.
« La mission première de l’État est de protéger la nation. Or nous assistons à une carence persistante et croissante des effectifs de police nationale sur le terrain, mais aussi des capacités d’accueil pour les dépôts de plainte, notamment la nuit », a-t-il déclaré.
« Où va notre argent ? »
Pour David Lisnard, cette situation est d’autant plus incompréhensible que la France demeure le pays qui affiche l’un des niveaux les plus élevés de dépenses publiques et de prélèvements obligatoires au monde.
« Plus l’État dépense, plus il prélève, moins il y a de policiers nationaux sur le terrain. Où va notre argent ? C’est une question que chaque Français devrait se poser. »
Le maire de Cannes estime que les missions régaliennes de l’État sont progressivement sacrifiées au profit d’une bureaucratie toujours plus lourde, qui absorbe des moyens considérables sans améliorer le service rendu aux citoyens.
Une police municipale qui supplée l’État
David Lisnard rappelle que la police municipale n’est pas une obligation légale mais un choix politique des communes.
Aujourd’hui, 86 % des communes françaises ne disposent d’aucune police municipale. Parmi les 14 % qui en possèdent une, près de 70 % comptent moins de cinq agents.
À Cannes, la municipalité a fait le choix d’investir massivement dans la sécurité. Mais ce choix ne peut avoir vocation à remplacer les responsabilités de l’État.
« Imaginons une nuit d’été à Cannes, à Nice, à Antibes ou à Grasse sans police municipale. Nous pouvons malheureusement imaginer une nuit sans police nationale. C’est précisément ce que nous avons vécu pendant le Cannes Lions. Une telle situation est impensable. »
Des exemples concrets de plusieurs nuits sans équipage
Pour illustrer son propos, David Lisnard s’est appuyé sur plusieurs rapports d’intervention de la police municipale de Cannes.
Dans la nuit du 28 juin, avenue Pierre Sémard, un responsable de sécurité signale un individu menaçant de mort un résident. Après avoir tenté à trois reprises de joindre le 17 sans obtenir de réponse, la police municipale intervient seule. Contacté, le centre d’information et de commandement indique ne disposer d’aucune patrouille disponible.
Quelques dizaines de minutes plus tard, c’est cette fois le centre opérationnel de la police nationale qui sollicite la police municipale pour un vol de moto, faute d’équipage disponible sur le secteur.
La nuit précédente, les policiers municipaux sont appelés pour une tentative de suicide, puis interviennent aux urgences de l’hôpital de Cannes où un individu particulièrement agressif, alcoolisé et armé d’un couteau menace le personnel. Là encore, les services de l’État indiquent ne disposer d’aucune patrouille disponible.
Autre exemple évoqué, un conducteur exerçant illégalement une activité de VTC, porteur de faux papiers afghans. Selon David Lisnard, malgré les éléments relevés par les policiers municipaux, l’officier de police judiciaire aurait indiqué avoir « autre chose à faire », conduisant la police municipale à maintenir l’interpellation jusqu’à sa présentation au commissariat.
Une situation qui dépasse Cannes
Le président de Nouvelle Énergie souligne que cette réalité ne concerne pas uniquement Cannes. Selon lui, de nombreux maires, de toutes sensibilités politiques, dressent le même constat dans leurs communes.
Il indique avoir multiplié les démarches auprès du ministère de l’Intérieur afin d’obtenir des renforts et s’inquiète de ne toujours pas connaître les effectifs de police nationale qui seront mobilisés à Cannes durant la saison estivale, notamment à l’approche des festivités du 14 juillet.
Redonner la priorité aux missions régaliennes
Pour David Lisnard, cette évolution illustre une inversion des priorités de l’action publique.
« Soutenir les policiers nationaux, c’est précisément dénoncer cette situation. Ils accomplissent un travail remarquable avec des moyens insuffisants. Ce n’est pas eux que nous mettons en cause, mais les choix de l’État. »
Nouvelle Énergie défend la nécessité de recentrer les finances publiques sur les missions essentielles de l’État, à savoir la sécurité, la justice, la défense et la diplomatie, afin de garantir la protection des Français et l’autorité de la puissance publique.
« Plus la France dépense d’argent public, moins elle consacre de moyens à la justice, à la police, à la gendarmerie et à la diplomatie. Cette dérive n’est plus acceptable. Il est temps de remettre l’État au service de ses missions fondamentales. »