«Le système est mort. Il faut inventer un État de performance»
Invité de Le Grand Oral sur i24NEWS face à Michaël Darmon, David Lisnard a défendu sa vision pour la France à l’heure où les équilibres internationaux se recomposent et où notre pays s’enfonce dans le déclassement. De la géopolitique à la réforme de l’État, en passant par la lutte contre l’antisémitisme, la présidentielle de 2027 et le projet porté par Nouvelle Énergie, il a exposé une ligne claire : restaurer la puissance française par la liberté, l’autorité et l’ambition.

« Je vois le déclassement français, mais il n’y a aucune fatalité »
Interrogé sur les bouleversements du monde contemporain, de Donald Trump à la rivalité sino-américaine en passant par la montée des nouvelles puissances, David Lisnard a souligné la nécessité pour la France de retrouver une stratégie de long terme.
Face à la compétition entre les États-Unis et la Chine, il a rappelé que la priorité devait être la défense des intérêts français et européens. Pour lui, la question n’est pas de commenter les soubresauts de l’actualité internationale, mais de redonner à la France les moyens de peser à nouveau dans le monde.
« Je vois le déclassement français, qui est une réalité : démographique, géopolitique, diplomatique, économique, numérique, éducative. Mais je pense qu’il n’y a aucune fatalité à cela. »
S’appuyant sur l’exemple argentin, il a également souligné que les peuples pouvaient choisir le sursaut plutôt que la résignation lorsque des réformes courageuses étaient mises en œuvre.
Moyen-Orient : défendre nos principes et nos intérêts
Au cours de l’entretien, David Lisnard est revenu longuement sur les tensions au Moyen-Orient et sur la politique étrangère française.
Il a rappelé son attachement à la sécurité d’Israël, à la dénucléarisation de l’Iran et à la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, tout en défendant une approche fondée sur la clarté et la cohérence.
Selon lui, la France s’est affaiblie en multipliant les postures sans disposer de la puissance nécessaire pour les soutenir.
« Aujourd’hui, on parle dans le vide parce qu’on n’a plus la puissance. »
Concernant le Liban, il a plaidé pour un soutien sans ambiguïté à la souveraineté libanaise et au désarmement du Hezbollah, qu’il considère comme un instrument de l’influence iranienne dans la région.
Face à l’antisémitisme, un combat judiciaire, politique et culturel
David Lisnard a également alerté sur la montée de l’antisémitisme en France.
Il a rappelé que la République disposait déjà d’un arsenal juridique solide mais que celui-ci devait être appliqué avec fermeté.
« Tout acte antisémite doit faire l’objet de poursuites et être condamné. »
Au-delà de la réponse judiciaire, il a insisté sur la responsabilité politique face aux ambiguïtés d’une partie de l’extrême gauche et sur la nécessité de mener un combat culturel de longue haleine.
Pour lui, l’école doit redevenir un lieu de transmission du savoir, de l’histoire et des principes républicains, loin des dérives idéologiques qui fragilisent l’autorité des enseignants et la cohésion nationale.
« Le système de l’État-providence est cuit »
Interrogé sur la situation économique et budgétaire du pays, David Lisnard a livré le cœur de son diagnostic.
Selon lui, le modèle français est arrivé au bout de sa logique. Construit sur une forte démographie, des gains de productivité importants et une immigration maîtrisée, il ne correspond plus aux réalités du XXIe siècle.
« Le système est mort. Le système de l’État-providence est cuit. »
Pour autant, il refuse toute logique d’austérité ou de gestion du déclin.
À ses yeux, le véritable enjeu consiste à réformer l’État en profondeur afin de recentrer l’action publique sur ses missions essentielles et de mettre fin à l’accumulation de structures administratives qui paralysent le pays.
Il a ainsi défendu une réduction massive des dépenses improductives, la simplification de l’action publique et une meilleure valorisation du travail.
« On doit cotiser moins pour gagner plus. »
Une rupture avec le social-étatisme
David Lisnard a également expliqué en quoi sa candidature se distinguait du reste de l’offre politique.
Selon lui, une même culture du social-étatisme irrigue aujourd’hui une grande partie de la vie politique française, de l’extrême gauche à la majorité présidentielle, en passant par le Rassemblement national.
« Dès qu’il y a un problème, la réponse est toujours la même : davantage de puissance publique. »
À l’inverse, il défend un État recentré sur ses fonctions régaliennes : sécurité, justice, défense, maîtrise des frontières et instruction publique.
Cette vision repose sur trois piliers :
– la liberté pour retrouver la prospérité économique ;
– l’autorité pour restaurer l’ordre républicain ;
– l’ambition éducative, culturelle et scientifique pour préparer l’avenir.
« L’ambition économique par la liberté. L’ambition sécuritaire par l’autorité. L’ambition d’unité par la culture, l’instruction publique et la science. »
Une autre voie pour 2027
Enfin, interrogé sur la prochaine élection présidentielle, David Lisnard a réaffirmé sa volonté de porter jusqu’au bout une alternative politique fondée sur la cohérence et le courage.
Partisan d’une primaire ouverte permettant de départager les différentes sensibilités de la droite et du centre, il estime que les Français ont besoin d’un véritable débat de fond plutôt que d’une simple compétition d’appareils.
Face aux promesses des extrêmes comme à la continuité incarnée par les responsables qui ont gouverné ces dernières années, il entend défendre une autre voie.
Une voie du terrain, de l’expérience et de la pratique.
Une voie qui refuse à la fois la résignation et le déclin.
« Il n’y a pas de fatalité au déclin français. »
Pour David Lisnard, la France dispose encore de tous les atouts pour retrouver sa puissance, à condition d’engager les réformes que trop de responsables politiques repoussent depuis plusieurs décennies.