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Nouvelle Énergie pour la France

« Je suis plus discret que secret » : les confidences de Nicolas Gorjux, vice-président de Nouvelle Énergie

Adjoint municipal aux Finances (et au tourisme) et banquier, Nicolas Gorjux est aussi l’homme de confiance de David Lisnard, pour lequel il s’est engagé en politique. Désormais président du Palais des festivals, cet homme discret doit s’exposer davantage, sans rien sacrifier à la tâche. Ultrapragmatisme et efficacité revendiqués ! Un portrait réalisé par Nice-Matin.

Par Gregor SauvagerePartager l’article
« Je suis plus discret que secret » : les confidences de Nicolas Gorjux, vice-président de Nouvelle Énergie

Il nous accueille sans veste-cravate mais en chemise blanche au col déboutonné. Comme quoi, il ne faut pas trop préjuger. Toujours sérieux et appliqué, Nicolas Gorjux sait aussi desserrer l’étreinte. Mais le premier adjoint au maire David Lisnard n’esquive pas le poids des charges qui s’accumulent au-dessus de sa tête blonde. Quitte à multiplier les casquettes. Depuis son nouveau bureau, il a assisté en « spect-acteur » à son premier Festival de Cannes en tant que président du Palais. Sans trône, ni endormi dans son fauteuil !

« Ça s’est très bien passé, avec un record d’accréditations (plus de 40 000, 16 000 pros au marché du film) et une édition reconnue pour sa qualité. Même si certains habitants râlent parfois, entre Cannes et ce Festival, c’est une histoire d’amour dont on peut être fier », estime cet homme pressé, qui a néanmoins pris le temps de voir la palme d’or Fjord, à laquelle il a préféré Histoires parallèles.

Le cinéma ? Une histoire de famille…

Entre le 7e art et lui, c’est d’ailleurs une question d’histoires. Et les visages de Jean-Louis Trintignant, Monica Vitti ou Sidney Poitier sur sa page Instagram sont aussi le miroir de souvenirs plus intimes. « Ça me renvoie à des films qui m’ont marqué, et qu’on regardait en famille devant la télé », confesse-t-il avec pudeur. Quant à Sean Connery en agent 007, ce n’est pas pour le smoking de rigueur sur le tapis rouge, car la montée des marches sous les flashs n’est « pas trop son truc ». Même s’il se targue (à peine) de les avoir gravis un jour « aux côtés » de Sharon Stone. « Avec mon père et mon frère, on avait ce débat sur le meilleur des James Bond, et j’ai décrété que ça reste Sean Connery ! » Agent « plus discret que secret », et adjoint aux finances pour un deuxième mandat, Nicolas Gorjux a le pouvoir de dépenser. Mais pas de tuer le portefeuille du contribuable, ni d’aligner les 00 sans compter.

Père la rigueur, – « un compliment qui me va droit au cœur, car on engage l’argent des autres et il ne faut pas dépenser ce qu’on n’a pas, justifie ce banquier stratège pour entreprises -, dont le mantra d’élu est : baisse de la dette communale, sans augmenter les impôts, grâce à des investissements rentables. Formule austère ?    « A Cannes, c’est bien d’avoir aussi un peu d’austérité, c’est mieux que le bling-bling «, ironise-t-il, comme on flingue soudain un cliché.

Davantage de fonctions que d’ambition

Pas le genre à se mettre en avant ni fanfaronner, Nicolas Gorjux. Mais avec ses fonctions au plus près de la Croisette et ses délégations en mairie (le tourisme notamment), l’homme de l’ombre est obligé de davantage s’exposer. Quitte à jouer déjà un premier rôle à Cannes, au cas où David Lisnard foulerait un autre tapis… à l’Élysée ? « On a un projet tellement dense, que ma seule préoccupation aujourd’hui est de pouvoir exécuter les idées pour lesquelles 80 % des Cannois nous ont réélus, élude ce second rôle, qui se tient néanmoins prêt à tenir le haut de l’affiche. Que la question puisse se poser à mon sujet me rend fier, et si je m’y prépare, c’est de façon inconsciente. Mais j’ai aussi une activité professionnelle, pas uniquement une fonction représentative d’élu, et je suis père, alors je ne vais pas y ajouter l’ambition politique. »

Avec David Lisnard, un lien indéfectible

Plus Monsieur Loyal qu’Iznogoud, Nicolas Gorjux. D’autant plus qu’à ses yeux, David Lisnard reste sans doute LA véritable star de Cannes. « C’est la seule personne qui m’a donné envie d’entrer en politique, lorsqu’il m’a demandé de le rejoindre en 2014. Sa personnalité hors-norme et sa façon d’agir m’ont complètement séduit. »

Pas question pour autant de courir avec, ni après, le marathonien. « David va trop vite pour moi ! », souffle Nicolas. Mais au fil des années, confiance et amitié se sont scellés autour d’un pacte : « Se dévouer pour servir notre ville, la rendre toujours plus belle et accueillante. »

Un Cannois amoureux de sa ville

Et puis, quand on se prénomme Nicolas, né il y a un demi-siècle dans l’ancienne clinique… Saint-Nicolas du quartier République, la dévotion à la cité semble prédestinée !

Avec un apprentissage de plus de dix ans à l’Institut Stanislas (de la maternelle jusqu’au Bachelor Bac + 3). Et la pelouse de Coubertin pour se forger des valeurs, à la pointe des crampons. « J’ai été joueur de l’AS Cannes, et quand l’équipe a gagné son accession en ligue 3, avec David Lisnard en tribunes, on s’est pris dans les bras et on a chialé comme des gamins ! », se lâche Nicolas. Même si « l’argentier public » se réjouit aussi que le club prospère désormais en privé, sans être subventionné.

Et si ce fan absolu de U2 (une vingtaine de concerts à son compteur) au profil janséniste n’a pas osé aborder Bono lorsqu’il l’a croisé au Cannes Lions ou au Festival du film, Nicolas Gorjux entend néanmoins œuvrer en coulisses avec « ultrapragmatisme et efficacité ».

Sur son Insta encore, la figure malicieuse du P’tit Nicolas. Pour faire des économies avec l’esprit Goscinny ?

« Cannes, la meilleure destination au monde, mais rien n’est acquis ! »

À la tête de la SEMEC (la Société d’Économie Mixte qui gère le Palais), Nicolas Gorjux se donne trois missions : – « Préserver le bilan économique » de ce poumon cannois, qui affiche un chiffre d’affaires record de 55 M d’euros en 2025. « Ce sera difficile à battre, alors que nous avons déjà 340 jours d’occupation et qu’il y a une forte concurrence sur le tourisme d’affaires. Certes nous avons reçu l’Award de la meilleure destination au monde, mais rien n’est acquis ! »

« Atteindre, voire dépasser nos ambitions environnementales », avec notamment l’arrivée de la thalassothermie, des panneaux solaires sur le toit, « mais il faut aller plus loin car je suis persuadé que le tourisme de demain va se jouer sur l’écodurabilité, c’est une question d’image. »

« Renforcer notre hospitalité, c’est-à-dire faire preuve de générosité, de bienveillance et de cordialité vis-à-vis du visiteur. » À cet égard, Nicolas Gorjux a eu des réunions avec les socioprofessionnels du tourisme, notamment sur la politique tarifaire des établissements cannois (restaurants et hôtels), « car nous sommes tous sur le même bateau, et malgré les contraintes d’une entreprise, il faut rester équitable et responsable. » A bon entendeur…

 

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