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Nouvelle Énergie pour la France

« Ça fait penser à des scènes de guerre »

David Lisnard, premier édile et président de l’Association des maires de France, s’est rendu dans le Var, dévasté par les incendies, pour apporter son soutien. Un article de Nice-Matin.

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« Ça fait penser à des scènes de guerre »

Paysages de cendres grises là où la forêt était verdoyante. Fumées noires qui obscurcissent le ciel bleu. Et puis ces flammes, toujours ardentes, qui transforment un paradis terrestre en brasier infernal. David Lisnard l’a constaté de visu. Au nom de l’Association des maires de France, il s’est rendu sur place, dans le Var, pour apporter un soutien à ses homologues dont les communes font face aux incendies. Mais aussi pour en tirer des enseignements utiles sur le terrain, à Cotignac comme à Pontevès.

« Je suis allé voir, en voisin, en ami, confirme celui qui aime à séjourner à Tourtour durant ses congés. C’est une façon de les soutenir, mais aussi de voir la réalité de ce qu’ils affrontent, de recenser leurs moyens immédiats et de les aider à faire passer des messages, tout en valorisant le travail de ces élus locaux et bénévoles, qui font face à une situation catastrophique. »

Pour l’édile cannois, qui s’est également rendu dans le Donbass pour y rencontrer ses homologues ukrainiens, impossible de ne pas y voir des similitudes, toutes proportions gardées bien sûr.

« Ces maisons détruites, ces animaux morts alors que ça fume encore, ça fait forcément penser à des scènes de guerre », souffle avec gravité l’intéressé. Un viticulteur a même perdu un hectare et demi de ses vignes.

« Une maison brûlée, c’est la désolation à jamais »

Dans l’urgence, on évalue des besoins matériels : lits, engins, denrées, comme Cannes l’avait déjà fait pour l’Aude à l’époque. Mais il faut déjà penser à l’après.

Au niveau juridique et administratif pour les victimes, comme à l’entretien des forêts. Car les flammes, en plus de détruire la maison d’une vie, peuvent aussi asphyxier l’avenir par le déclassement.

« Il faut les aider dans leurs relations avec les assurances et les services de l’État, parallèlement à la gestion de crise. Car on va rendre ensuite inconstructibles des terrains où des familles modestes s’étaient établies, qui devront se reloger avec peu de moyens. C’est un véritable drame social. La nature, elle, repousse toujours, mais une maison brûlée, c’est la désolation à jamais. »

Sur place, David Lisnard a néanmoins été impressionné (et rassuré) par la solidarité qui s’est déjà instaurée spontanément entre toutes les personnes concernées.

« À Pontevès, le maire a réussi à abriter en urgence 1 000 personnes dans sa salle des fêtes, et les gérants du Super U ont fourni des repas gratuits. Des agriculteurs se sont relayés 24 heures sur 24 pour remplir des bassines d’eau à proximité des secours, tandis que des chasseurs, qui connaissent le territoire par cœur, les ont guidés à travers les chemins, dont certains manquent encore pour le passage des pompiers. »

Une ode à l’action des gens du cru, qui compense parfois les manques de moyens affectés par l’État, en dépit des contraintes administratives. Car pour beaucoup, ces feux « imprévisibles et exceptionnels » font loi.

Ses préconisations, et déjà la crainte des inondations

Mais comme ils seront vraisemblablement appelés à se reproduire, David Lisnard, également candidat à l’élection présidentielle en 2027, préconise un certain nombre de mesures, comme d’inscrire le débroussaillage obligatoire des terrains dans le contrat d’assurance, d’imposer un extincteur à l’intérieur de chaque véhicule, ou d’interdire réellement l’accès aux massifs soumis à des risques extrêmes.

Il souhaite aussi renforcer la répression contre les « causeurs de feu » : pyromanes comme jeteurs de mégots inconscients.

Plus largement, le fondateur de Nouvelle Énergie milite en faveur du nucléaire et de l’hydroélectrique pour accélérer la transition écologique contre le réchauffement climatique.

Mais d’ores et déjà, il conditionne ses « troupes » à un autre fléau :

« À Cannes, nous nous préparons déjà aux inondations, dès la fin août, car je suis quasiment sûr qu’on ne pourra pas y échapper. Tout est lié. »

50 000 euros débloqués

Cette contribution s’inscrit dans l’appel à la solidarité lancé par l’Association des maires de France (AMF) en faveur des communes touchées par les incendies qui frappent notamment la Gironde, le Var et la Corse.

Les fonds permettront de financer l’acquisition d’équipements destinés aux territoires sinistrés.

« Il était naturel que notre ville soit parmi les premières à y répondre », dit David Lisnard.

En complément, la municipalité se dit prête à mettre à disposition des centaines de lits picots pour l’hébergement d’urgence ainsi que l’expertise de sa direction de la gestion des risques majeurs.