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Nouvelle Énergie pour la France

À Saint-Raphaël, David Lisnard promet l’avènement de la « grande France »

Devant près de 2 000 personnes, le candidat de Nouvelle Énergie a invité ses troupes à prendre « le pouvoir » en soutenant son projet d’alternative au macronisme et à la gauche. Un article d’Emmanuel Galiero paru dans Le Figaro.

Par Gregor SauvagerePartager l’article
À Saint-Raphaël, David Lisnard promet l’avènement de la « grande France »

« Moins de politicards, plus de Lisnard ! » Affiches, polos, tee-shirts, éventails et chapeaux de paille… Le président de Nouvelle Énergie lance sa campagne présidentielle, vendredi soir à Saint-Raphaël (Var), dans une ambiance très méditerranéenne. Sept hauts palmiers de la Marina observent le spectacle, derrière près de 2 000 militants installés en arc de cercle face au candidat. L’un d’eux agite une pancarte : « Tant qu’il y a Lisnard, il y a de l’espoir. » En présence de ses proches (sa mère, sa femme et ses enfants), le maire de Cannes propose de tout rebâtir après dix années de macronisme. Accueilli sur l’air électrique de Psyché Rock, David Lisnard insiste d’emblée sur l’urgence. « Il n’y a pas une seconde à perdre pour aller gagner les élections… Il n’y a pas une seconde à perdre pour faire gagner la France, parce que notre pays ne peut plus attendre », lance-t-il, en excluant toute possibilité de reconstruire « avec ceux qui l’ont mis dans cette situation. Quels qu’ils soient ». En s’adressant à la France du « pays réel qui n’est pas extrémiste mais qui veut que les choses se fassent », le maire se dresse en adversaire du fatalisme. « Prenons le pouvoir. Prenons les choses en main », exhorte-t-il. Pour lui, la France n’a « pas besoin de com » mais de « courage », comme une pierre jetée dans les jardins de l’Élysée.

« C’est maintenant que tout commence », enchaîne l’orateur. Il part du constat alarmant d’une nation déclassée dans presque tous les domaines. Éducation, sécurité, frontières, justice, finances publiques… « Comme moi, vous ne supportez plus l’impunité des voyous, le surendettement constant, la relégation économique, la dégradation du pouvoir d’achat réel, l’humiliation des débordements à chaque moment supposé être festif, le déclin démographique. » En tête des solutions, il prône une refonte gaullienne des institutions, comme il l’a développé récemment à Bayeux. Et après le référendum comme socle d’une reconstruction démocratique, le candidat veut prendre le temps d’expliquer sa méthode. « Ce sont nous, les libéraux qui allons rétablir le prestige de l’État », annonce-t-il. Il ironise sur le « bloc central » et dénonce la faute des LR qui, selon lui, ont « accepté d’être la béquille d’un pouvoir macroniste finissant ». « La gauche et le RN, sans avoir participé à cette mascarade gouvernementale, ont obtenu la suspension de la réformette des retraites et la droite a accepté sans broncher », soutient-il. D’où son application à fustiger une « caste » qui « confond sa survie avec celle du pays » et qui « s’affole ». « Ils ont raison d’avoir peur. Le pays réel n’en peut plus et n’en veut plus. Ils ont raison parce que nous arrivons », prévient-il.

Travail, natalité, immigration, « désastre » social, dette « colossale », impact de l’État-providence sur la crise, faillite de l’État, bureaucratie, normes… « Comment un pays qui dépense autant peut-il manquer à ce point de tout ? », interroge encore le maire de Cannes, toujours centré sur ses classiques : débureaucratisation, libéralisation, lutte contre l’impuissance publique, fermeté sécuritaire, prospérité économique…

Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël et « ami », a fait le choix de s’engager pleinement derrière un candidat qui « ne vient pas d’en haut ». « La vie politique française a besoin de ces profils atypiques. Une élection, c’est donner le choix. Et les Français l’auront », prévient l’édile, avant d’oser une mise en garde : « Lisnard est un marathonien et il est endurant. » Pour l’instant, l’athlète est crédité de 2 % d’intentions de vote dans les sondages mais ses proches notent deux points : sa marge de progression en matière de notoriété est « importante » et sur le plan « qualitatif » les Français le croient « sincère ». Le politologue Stéphane Rozès, assis au premier rang, appelle lui aussi à la prudence : « Les sondages sont une photographie à l’instant T. Une présidentielle est une course de demi-fond, rien n’est joué au point de vue des dynamiques. » Et lorsque l’analyste de 69 ans anticipe la dimension « existentielle » du scrutin 2027, certains pensent que le projet de Lisnard est bien en phase avec l’urgence.

Choisir les terres du Sud n’est pas réducteur pour celui qui avait annoncé ses intentions le 20 janvier à Paris, salle de la Mutualité. Issu d’une région où la droite historique est secouée par une succession de séismes politiques, l’élu agrège des militants lassés par les renoncements. Quand on l’interroge sur le dernier épisode de la guerre Wauquiez-Retailleau, David Lisnard préfère ne pas s’attarder mais il répond au Figaro : « Tout cela confirme mon choix de porter une alternative totalement nouvelle, avec une constance dans les positions et une cohérence dans les actes. Les Français ne peuvent pas s’y retrouver dans ce spectacle politique et je vois beaucoup de gens me rejoindre, en attente d’une voix claire. La meilleure façon de faire gagner le RN et la gauche est de ne pas assumer courageusement un changement de cap et une alternative au macronisme », met-il en garde.

Frédéric Masquelier ne conteste pas la légitimité de Bruno Retailleau mais les dernières critiques de Laurent Wauquiez à son encontre le confortent dans le jugement qu’il porte sur Les Républicains. « Comment prétendre incarner l’autorité quand on se montre incapable de respecter les règles de son propre parti qui a tranché en faveur du président LR ? », interroge-t-il. Sébastien Leroy, maire de Mandelieu, ex-LR, en remet une couche contre un « parti de barons ». Dans une salve à peine voilée dirigée contre Wauquiez, il blâme ceux « qui visent le 2e tour en pariant une fois de plus sur l’union de tous les contraires ». « Tout cela aboutirait à un président de la République illégitime, un Parlement encore plus divisé et un effondrement économique. »

Vendredi soir, dans la chaleur d’un soir d’été, les amis de David Lisnard se disent que leur poulain n’aura pas de mal à réunir les 500 signatures requises pour la course présidentielle. En attendant, le challenger s’engage à restaurer l’« audace » ancestrale de son pays. Puis lâche une ultime promesse, avec envie : « Voilà la finalité de notre projet : œuvrer à l’avènement de la grande France. »